dimanche 12 juillet 2015

La Tiers-Mondialisation (1)

Ecrit en décembre 2012
La Tiers-Mondialisation (1)

Il y a environ trois ans, je mettais la dernière main au manuscrit de la Tiers-Mondialisation de la planète[1]. À l’heure de lancer une deuxième édition, il me revient d’écrire une préface. Pour ce faire, à la lumière de l’évolution de l’actualité depuis son achèvement, j’ai effectué une relecture de mon essai.
La thèse que je défends est plus que jamais d’actualité car, depuis le déclenchement de la crise en 2008, telle une pandémie, la Tiers-mondialisation se répand et s’aggrave.

La Tiers-mondialisation s’étend au Nord
            L’extension des caractéristiques structurelles des pays sous-développés[2], d’avant les  « miracles », au monde entier est un phénomène patent. Ainsi, la Tiers-mondialisation atteint les pays du Nord, dits développés, sans épargner le pays « central » : les États-Unis. Des auteurs, de plus en plus nombreux[3], décrivent le phénomène à travers la désindustrialisation, la montée du chômage, la dégradation des services publics, l’euthanasie des classes moyennes[4], la paupérisation des masses, la trahison des élites… La manifestation la plus flagrante s’observe dans les villes qui, industrieuses au cours de la période des Trente glorieuses, déclinent depuis le  début de la mondialisation néolibérale. Par exemple, des cités comme Détroit, autrefois fleuron de la construction automobile nord-américaine, en viennent à « ressembler aux enfers du Tiers-monde ». La pandémie touche aussi l’Europe.

L’Europe sombre dans la Tiers-mondialisation
La crise financière de 2008 a durement frappé les membres les plus faibles de l’Union européenne, ceux que l’on a surnommé  les PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne). En mars 2010, j’écrivais : « la Grèce préfigure la Tiers-mondialisation de l’Europe[5] » et quelques semaines plus tard : « la Grèce et l’Irlande en voie de Tiers-mondialisation[6] ». En Europe, les symptômes sont les mêmes qu’ailleurs : réduction du pouvoir d’achat, augmentation du chômage, de la pauvreté, dégradation des services publics,  de la santé… Bref, on assiste à la paupérisation du plus grand nombre et à l’enrichissement corrélatif de quelques uns. Le dualisme caractéristique des pays sous-développés s’immisce dans les sociétés occidentales. Pourquoi ?




[1] Déjà, dans une tribune libre parue dans L’Humanité le 2 juin 2006, je dénonçais la Tiers-mondialisation de la planète.
[2] Georges Cazes et Jean Domingo, Les Critères du sous-développement - géopolitique du Tiers Monde, Paris, Bréal, 1987.
[3] Cf. par exemple, Arianna Huffington, Third World America. How our Politicians are Abandoning the Middle-Class and Betraying the American Dream, New York, Crown Publishers, 2011 et Robert Reich, After-Shock. The Next Economy and America’s Future, New York, Random House, 2010.
[4] Bernard Conte, « Néolibéralisme et euthanasie des classes moyennes », http://www.comite-valmy.org/spip.php?article933 

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